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j’ai fait l’ouverture de la chasse (aux déchets) !

Dimanche 20 septembre. C’est la célèbre journée sans vélos voitures à Bruxelles… Et c’est surtout le premier grand rendez-vous d’automne des cleanwalkers*. L’ami Mael  a fait passer le mot : rassemblement à 14 heures place de Brouckère pour nettoyer le quartier jusqu’à la moelle!

Nous sommes donc près de deux cents bénévoles – dûment masqués et distanciation-socialisés – réunis autour du stand de Cleanwalker. Première étape : distribution générale de gants, de pinces et de sacs poubelles.

Quelques minutes de pep talk plus tard, on forme les équipes et taïaut ! C’est parti pour deux heures de traque impitoyable. Sous le regard tantôt moqueur, tantôt encourageant des passants, nous allons razzier, ratisser, débusquer, pourchasser, piéger, annihiler, acculer, extirper et ensacher les papiers gras, cannettes, bouteilles en plastique, vieux mégots et autres hôtes douteux de nos caniveaux.

Je me retrouve avec une demi-douzaine de comparses – à mettre au féminin, car je suis le seul mâle de la horde. (A propos, tu as remarqué ? Dès qu’on parle de zéro déchet, beaucoup de mecs sont (encore) aux abonnés absents… Vous attendez quoi, les gars ?)

Aussitôt, les pinces se mettent action et sans coup férir, les sacs engloutissent leurs premières prises. Tremblez, ordures ! C’est toujours ça qui ne finira pas dans l’océan.

Au début, on cherche un peu nos marques : chacun farfouille dans son coin avec une efficacité mitigée, mais bien vite, la technique de chasse évolue. À ma gauche, Sylvie, masque à fleurs, sac bleu ; A ma droite, Sacha, masque assorti à son sac blanc. En arrière-garde : Anaïs, masque étoilé et un atout qui lui vaut d’être courtisée par plusieurs équipes de rabatteurs : son précieux seau à mégots.

Sans relâche, nous ramassons, déposons, récoltons, ensachons… Nous découvrons au passage les mœurs et les habitats préférés des moult spécimens que nous traquons : abribus et terrasses de café pour les mégots, alentours des poubelles pour les bouteilles, renfoncements nauséabonds pour les canettes et les tessons… Tous nos sens sont à l’affût, rien ne nous échappe. De temps en temps, des pinces s’entrechoquent et un « Celui-là est à moi ! » ou « Je l’ai vu le premier ! » pugnace résonne dans le lointain.

Peu à peu, la fatigue s’installe, les crampes gagnent les mains droites (celles qui tiennent les pinces), les sacs se font plus lourds et le gibier plus rare. Tant mieux : le point de ralliement final est en vue.

Nous arrivons parmi les derniers pour déposer notre butin au pied des organisateurs. Il ne reste plus qu’à attendre les résultats de la pesée…

Au bout d’un long moment de suspense haletant, le verdict tombe sous les acclamations : en deux heures, nous avons ramassé l’équivalent d’une centaine de sacs poubelles et … 30.000 mégots. Sacs et seaux s’amoncellent en un véritable mémorial à cette partie de chasse aussi fructueuse qu’implacable. Mission accomplie, nous nous dispersons.

Mais, me diras-tu, ne te sens-tu pas un peu coupable d’avoir ainsi ratiboisé le petit écosystème cracra des trottoirs de Bruxelles ?

Que nenni : j’assume sans complexe. Car en repassant dans le quartier une semaine plus tard, j’ai pu constater que tout ce microcosme douteux s’était déjà rétabli à 100% et prospérait à nouveau dans toute sa luxuriance fétide – autrement dit, c’était de nouveau aussi dégueulasse qu’avant.

Mais ce n’est pas grave : j’en ai profité pour faire du repérage, et je sais déjà où je débusquerai mes prochaines proies lorsque les cleanwalkers repasseront dans le coin.

Mise en condition avec des proies factices

*Ramassage collectif de déchets en ville. Mais tu le savais déjà, of course J

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Temoignage

« Qui veut la peau de la Licorne ? » : le nouveau livre de Géraldine Rémy !

Qui veut la peau de la licorne ? | Ker Éditions

Bon, j’avoue, je ne suis pas impartial : j’avais déjà dégusté « Les Secrets de la Licorne » à la louche plutôt qu’à la petite cuiller. Hé bien, je viens de terminer « Qui veut la peau de la Licorne » et autant le dire tout de suite : j’ai adoré!

D’abord, sur la forme : dans un style vivant et direct, elle fait alterner les réflexions plus sérieuses avec des passages franchement drôles histoire de détendre l’atmosphère: son sens de l’autodérision m’a fait rire de bon cœur plus d’une fois!

Ensuite, sur le fond: j’ai aimé suivre son cheminement inachevé sur la voie de la transition, extérieure et intérieure, car le mien s’en rapproche beaucoup – et je suis certain que d’autres licornes en devenir s’y retrouveront aussi.

C’est tellement réconfortant de découvrir qu’on n’est pas tout seul à patauger dans les incertitudes, à s’égarer sur des fausses pistes, à mordre à des hameçons sans pouvoir s’en empêcher, bref à faire avec ce qu’on a… et de pouvoir se dire qu’au final, on ne s’en tire pas si mal.

Du coup, on se donne aussi le droit à la tolérance, au doute à l’erreur… En n’oubliant pas de rire de nous-mêmes et de célébrer les petites victoires que nous accumulons en chemin !

Enfin, les conseils et outils pratiques de la dernière partie du livre permettent de gagner un temps considérable dans le travail que nous faisons sur nous-même.

Merci à Géraldine d’avoir osé se livrer dans sa vulnérabilité et sa richesse intérieure – qui est aussi la nôtre –  car elle donne ainsi des clés précieuses à toustes celleux qui vont la lire!

(Qui veut la peau de la Licorne – de l’écoanxiété à la résilience intérieure, aux éditions Ker)