Voici quelque temps, j’ai découvert un merveilleux petit livre intitulé « La sérénité de l’instant » du maître zen Thich Nhat Hahn.

Au fil des pages, je suis tombé sur une phrase qui disait : « Regarde le nuage dans ton thé. »

Ces six mots énigmatiques m’ont plongé dans une profonde perplexité.
Qu’est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ? Que je dois laisser mon thé immobile pour voir le ciel se refléter dedans ? Que les feuilles au fond de la tasse prédisent la météo ? Que le thé est meilleur avec un nuage de lait ??

Je suis resté un moment à me gratter le crâne… et tout à coup : illumination ! (enfin je crois).

D’où vient le thé que je bois ? Des feuilles d’arbustes qui poussent sur la montagne. Et comment poussent-ils, ces arbustes ? Parce qu’ils sont arrosés par la pluie, cette pluie qui vient elle-même du nuage. Voilà comment le nuage, véritablement, est dans la tasse de thé. Et ce n’est pas fini, puisque moi-même, en rendant le thé que j’ai bu à la nature, je le fais redevenir eau, nuage, pluie, thé etc.

Regarde le nuage dans ton thé… Autrement dit, rien n’existe par soi-même, tout est interdépendant, et tout fait partie d’un cycle.

Du coup, je me suis aussi rendu compte d’autre chose : cette notion d’interdépendance et de cycle, notre société du tout jetable l’a terriblement perdue de vue – on extrait, on consomme, on jette.

Qui se soucie de savoir d’où vient le thé que nous buvons, le sandwich que nous mangeons, le t-shirt que nous enfilons ? Qui se soucie de savoir quelles matières premières leur fabrication a exigées, ou ce qu’ils deviennent quand nous les mettons à la poubelle ?

Alors, Je me suis promis de continuer à faire de mon mieux pour que les ressources que j’utilise restent dans le cycle au lieu de finir à la décharge.

Je me suis promis que désormais, à chaque fois que j’achèterai ou que je consommerai quelque chose, je me poserai deux questions : d’où est-ce que ça vient ? Où est-ce que ça va ?

Parce que j’ai vraiment très, très envie de pouvoir continuer longtemps à voir le nuage dans mon thé.

Et vous ?

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