Je suis un enfant des Hautes Fagnes, une région de prairies, de forêts et de landes.

Aussi loin que remontent mes souvenirs, il y a toujours eu des balades dans les bois le long de ruisseaux bondissants, à flanc de colline parmi des rochers vieux comme le monde.

Des rencontres occasionnelles avec un couple de libellules,  un geai affairé, un lézard qui se chauffe au soleil ou même un daim craintif.

Les bleus et les gris du ciel, jamais les mêmes, le vert des touffes de molinie, cette graminée qui pousse sur la tourbe, qui répond à celui des sapins, et le blanc de la neige qui s’invite parfois jusqu’au cœur du printemps.

Des cueillettes de myrtilles, de framboises, de mûres et de myrtilles au fil les saisons…

Pour moi, dans les Fagnes, il y a tout cela… Mais depuis quelque temps, et de plus en plus, il y a aussi…

Ceci

Au début, ça m’a rendu furieux. Parce que oui : l’échantillon ci-dessus est le résultat d’une après-midi de rando au cœur d’une réserve naturelle (et encore, j’ai laissé les innombrables mouchoirs en papier qui jonchaient mon parcours).

Ensuite, je me suis dit que j’allais essayer d’éduquer mon entourage… Mais il ne viendrait à l’idée d’aucun de mes amis de souiller un endroit aussi magnifique.

Alors au bout du compte, je me suis demandé ce que je pouvais faire. Et j’ai fini par trouver – en fait, c’était évident.

Maintenant, à chaque randonnée, j’emporte comme d’habitude mon sac à dos, ma gourde, une collation, une paire de jumelles et de quoi affronter la pluie.

Je prends aussi des ustensiles que j’aurais préféré ne pas devoir embarquer.

Parce que le seul moyen efficace que j’ai trouvé pour faire ma part de colibri, c’est de passer derrière ceux qui n’ont pas suffisamment de sens de la beauté, ou de simple savoir-vivre, pour respecter ces endroits.

Désormais, c’est un sac, une pince, et en avant marche.

C’est un peu triste, mais au moins j’ai l’impression d’avoir fait mon possible.

Et vous ?

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